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Les membres Lily : Farida, jongleuse de vies

Les membres Lily

Farida, jongleuse de vies

Farida est une femme comme les autres : elle travaille et élève ses enfants en même temps. Sauf qu’elle s’est fixée une règle : l’équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie privée. Elle nous explique comment. 

Qui êtes-vous et que faites-vous dans la vie ?

Je m’appelle Farida, j’ai 41 ans, je suis mariée depuis 13 ans, j’ai deux filles de 9 et 6 ans. J’habite et je travaille à Paris, en tant que Responsable des Ressources Humaines. Avant d’avoir mes enfants, je n’avais quasiment pas de vie privée : je me consacrais entièrement à mon métier. J’ai ralenti mon rythme de travail à la naissance des filles, mais dès qu’elles ont été suffisamment grandes, j’ai repris les vieilles habitudes : les nounous s’occupaient de nos enfants lorsque mon mari et moi travaillions.
photo famille

Aujourd’hui, comment conciliez-vous votre vie privée et votre vie professionnelle ?

J’ai fini par me poser la question : ne suis-je pas en train de passer à côté de quelque chose dans ma vie de famille ? Je pensais évidemment à mes filles, mais aussi à mes parents qui vieillissent. C’est alors que j’ai demandé à pouvoir travailler 4 jours par semaine et avoir mon mercredi. Aujourd’hui, je travaille les lundis, mardis, jeudis et vendredis. Je dépose mes filles tous les jours à l’école pour 8h30 et je m’impose d’être chez moi le soir pour 19h30, afin de leur donner à manger, les aider dans leur devoir, et de manière générale passer du temps avec elles. Je ne ramène jamais de travail à la maison. Professionnellement, je m’organise avec mon assistante afin qu’elle prenne le relais ou assure une permanence en mon absence, et de mon côté, je peux toujours finir plus tard ou revenir travailler le samedi si la charge de travail est trop importante. En dehors de ma vie familiale et de ma vie professionnelle, je consacre du temps à une association que j’ai montée en France avec ma soeur, Family Espoir. J’en suis trésorière : je rassemble l’argent et les vêtements collectés pour des orphelins des milieux défavorisés.

Comment ce choix de vie est-il perçu par votre entourage professionnel ?

Il n’a pas été évident pour moi d’obtenir mon mercredi. Cette démarche a été difficile à accepter de la part de mes supérieurs, ce qui était probablement dû à la crainte que je ne puisse pas assumer l’ensemble de mes responsabilités. Il semble que cette crainte soit souvent liée à l’idée que la vie privée empiète sur la vie professionnelle. C’est la raison pour laquelle je parle peu de mon engagement associatif sur mon lieu de travail. J’aurais trop peur d’être considérée comme délaissant mon travail, ce qui est faux par ailleurs ! Je trouve dommage qu’en France, on déconsidère les engagements extra-professionnels des salariés. Ces diverses expériences sont pourtant formatrices et enrichissantes ! Cette vision générale du monde du travail, il nous appartient à tous de la faire changer ; pour ma part, je suis aujourd’hui fière et heureuse de mener une vie équilibrée entre mon temps de travail et le reste. Cela me permet d’être en accord avec moi-même, mes choix et mes envies.