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Les experts Lily : Claire-Sophie Martel promeut l’alimentation responsable

Les experts Lily

Claire-Sophie Martel, promeut les choix responsables

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Claire Sophie Martel est la fondatrice de Pouloulou, une startup engagée dans des actions de sensibilisation à l’alimentation responsable. 

Parlez-nous de vous...

Je m’appelle Claire-Sophie, j’ai 25 ans. Toute petite déjà, je rêvais de faire un métier utile aux autres, et qui permette de rendre le monde (un peu) meilleur. Pendant mes études en école de commerce, j’ai eu l’occasion de voyager, et de travailler dans des start-ups et des structures de financement de start-up. Dès l’obtention de mon diplôme, j’ai décidé de lancer ma propre entreprise. 

Qu'est-ce qui vous a donné envie de créer Pouloulou ?

Aujourd’hui il y a de plus en plus de personnes qui se disent concernées par l’alimentation responsable, mais dans les faits beaucoup ont encore du mal à passer le pas, ne sachant pas comment faire, par où commencer, ou étant gênés par les nombreux discours moralisateurs qui ne sont pas toujours encourageants au début d’une démarche personnelle de transition.
En 2018, nous sommes allés au Salon de l’Agriculture avec un ami, et nous nous sommes rendus compte que le public aimait beaucoup les poules : il y a une sorte d’affection des Français pour les poules (ce n’est probablement pas pour rien que le coq est l’emblème de la France) et c’est alors que nous nous sommes dit que cela pouvait être notre point de départ pour sensibiliser et intéresser un maximum de personnes à l’alimentation responsable.
 

Et en fait, Pouloulou, c'est quoi ?

Pouloulou c’est une association dont l’objectif est d’inciter un maximum de personnes à franchir le pas de l’alimentation responsable. Pour cela, nous proposons des contenus en ligne (articles et infographies), des ateliers de cuisine pour les entreprises et les particuliers, et des événements ponctuels (nous avons par exemple ouvert une boutique éphémère en octobre avec une épicerie, des ateliers et des conférences). Nous faisons toujours en sorte d’être drôles plutôt que moralisateurs, de faire rire plutôt que peur, et de développer une dimension qui soit à la fois ludique et pédagogique !

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Les modèles Lily : Solenne, le savoir-être dès le plus jeune âge

Les modèles Lily

Solenne, le savoir-être dès le plus jeune âge

Solenne Bocquillon-Le Goaziou

Solenne Bocquillon-Le Goaziou est la fondatrice de Soft Kids, qui encourage le développement des soft skills pour les enfants. Elle est également Secrétaire Générale de Digital Ladies and Allies, mouvement qui encourage la représentativité des femmes dans le monde numérique. 

Elle nous parle d’elle, de sa vie personnelle, de ses projets professionnels. 

Parlez-nous de vous…

À 41 ans, je suis mariée, et maman de 3 garçons. Le plus grand est en CE1, et les deux plus petits, des jumeaux, sont encore à la crèche, ils ont deux ans. 

Ma vie personnelle est bien remplie, entre ma famille et mes engagements associatifs. 

Je suis en effet présidente de la crèche de mes fils. Il s’agit d’une crèche parentale avec 9 professionnelles salariées mais, dans laquelle les parents doivent effectuer une journée de permanence par mois. À ce titre, j’assure le suivi administratif de la crèche. En cette période particulière d’épidémie, il m’a fallu en particulier gérer les mesures de chômage à temps partiel, et de communication aux parents. 

Je suis également secrétaire générale de l’association Digital Ladies and Allies, qui milite pour une meilleure représentativité des femmes dans les domaines technologiques. 

Et côté pro, votre parcours c’est quoi ?

J’ai travaillé 15 ans dans les Ressources Humaines, notamment pour le groupe Shell. Pendant de nombreuses années, j’étais sur des postes internationaux. J’ai de ce fait un rapport très particulier aux modes de travail, et au management en général. En effet, mon premier chef travaillait depuis les Pays Bas et moi depuis Paris. Mon chef suivant était basé à Singapour, et son équipe répartie sur l’ensemble du globe. Dans mon entité, nous étions 2 Français sur 13 000 collaborateurs au total. Nos réunions étaient de fait uniquement virtuelles. Moi-même en charge d’une équipe internationale, il m’a d’abord fallu voyager pour me faire connaître. Mais une fois la confiance instaurée, un point skype par semaine avec mes collaborateurs était suffisant. Évidemment, je restais joignable à tout moment en cas de besoin. Ainsi, j’ai toujours connu le management virtuel, qui ne nécessite pas d’être présent au bureau. 

 

J’ai également toujours été très attirée par l’entrepreneuriat, le digital et le monde dématérialisé en général. 

Pendant mon dernier congé maternité, j’ai ainsi réfléchi à une deuxième vie professionnelle. Mon expérience RH m’a appris que dans les recrutements désormais, il s’agit moins de chercher des gens avec des profils métiers que des profils adaptables, en faisant fi des diplômes. D’ailleurs, les formations sur le savoir-être (les soft skills) constituent un budget très conséquent dans les entreprises. 

Mais pourquoi attendre d’être adulte pour être formé aux soft skills ? En tant que maman j’ai très vite été confrontée à un fait : les seuls outils à ma disposition pour apprendre à transmettre ces soft skills à mes enfants : les livres.

On en arrive donc à la naissance de Soft Kids ?

C’est en effet forte de ces constats que j’ai décidé de créer Soft Kids, une sorte de “petit bambou” des soft skills pour les enfants. L’objectif, proposer sur les écrans des programmes de développement des savoirs-être par des jeux, des vidéos et quizs, sur lesquels le temps d’écran est partagé familialement. L’utilisation du programme implique en effet une discussion parentale. L’apprentissage est sanctionné de récompenses choisies par les parents, mais qui s’apparentent toujours à du temps passé en famille (cinéma, balade, picnic…). 

 

La toute première soft skill développée est la confiance en soi. Notre programme a été élaboré avec les conseils d’un pédo-psychiatre pour enfant. Ce programme comprend 10 modules. Les réflexions abordées sont par exemple : qu’est-ce que tu as appris depuis ta naissance ? qu’est-ce que tu penses avoir comme super pouvoir ? Ces réflexions sont menées ensemble, par l’enfant et ses parents permettant à l’ensemble des membres de la famille de cultiver les soft skills..

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Les modèles Lily : Charlie, militant du monde de demain

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Charlie,
militant du monde de demain

portrait Charlie

Charlie a 29 ans, il vit à Nice et travaille en tant qu’auxiliaire de vie scolaire à Monaco.
En parallèle de son métier, il a entrepris une Validation des Acquis d’Expérience pour devenir éducateur spécialisé. 
Charlie milite pour une vie simple et cherche en permanence à s’intégrer dans l’élément le plus vital selon lui : la nature. Il nous explique comment. 

Qu’est-ce que tu aimes dans ta vie ?

J’aime mon travail, car j’adore passer du temps avec les enfants. Comme je bénéficie des vacances scolaires, j’exerce également dans le monde de l’animation en tant que directeur d’Accueil Collectif de Mineurs. J’ai ainsi l’opportunité de voyager en groupe partout dans le monde : quel plaisir !  

En dehors du monde professionnel, je suis un passionné de la nature et des sports outdoor (escalade, voile, kayak, trail, randonnée, etc.). Pour cela, Nice est une ville incroyable ! On fait vite abstraction de l’image bling-bling de la baie des Anges lorsqu’on regarde un peu devant et derrière elle : la mer et la montagne. 

Que penses-tu du monde dans lequel tu vis ?

Je pense que l’on vit dans un monde étrange. C’est pour moi le meilleur des mondes et l’un des pires. Nous sommes entourés d’une nature merveilleuse mais l’humain la détruit pour obtenir des choses qui sont dans le fond bien inutiles. Je trouve ce monde très paradoxal. 

Mais je pense qu’il faut se concentrer sur les bonnes choses alors je serais tenté tout de même de dire que ce monde est beau ! Un jour, en covoiturage, un monsieur qui travaillait sur les marchés m’a dit:  “Si tu demandes à quelqu’un de regarder le ciel, il sera tenté de chercher les nuages. Et même s’il fait un ciel bleu somptueux et qu’un minuscule nuage traine. Et bien, la personne pointera le nuage en disant. Ah mince un nuage… » Mais regarde autour de toi comme c’est beau ! 

Comment tu t’y adaptes ?

Dans le monde actuel, je ne suis pas tout à fait en accord avec mes valeurs profondes. Mais je ne fais pas la sourde oreille aux malheurs du monde, j’essaye de faire ma part en vivant une vie au plus proche de mes convictions. 

Je suis ainsi bénévole à la WWF, je participe à des évènements sportifs au profit de causes environnementales ou de lutte contre des maladies… Aussi, j’essaye de voyager en apportant quelque chose aux peuples que je visite et non pas juste en ramenant des choses. 

J’essaye d’apprendre de la vie et de m’améliorer tous les jours, de m’élever, de grandir. A travers ma vie quotidienne (travail, loisirs, etc.) et avec la volonté d’élargir mon champ d’action dans le but d’aider et de partager. Oui le bonheur se partage dit-on, et jusqu’à présent, rien ne m’a prouvé le contraire. 

Quel serait ton monde idéal pour demain ?

J’aimerais une prise de conscience collective de ce qui nous donne la vie : la nature. À partir de cette attente quelque peu utopique, j’imagine un monde plus simple et orienté vers l’essentiel sans pour autant rendre obsolète le progrès. 

Un monde où chacun peut trouver sa place sans avoir à tirer sur son voisin et où l’identité d’une personne n’est pas le pays qui l’a vu naitre. Un monde fait de respect, d’amour et de bonheur ! 
 

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Les experts Lily : Valérie Asselot-Herpet

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Valérie Asselot-Herpet

Valérie Asselot-Herpet est coach senior et consultante chez +ensemble.

Quel est votre parcours professionnel ?

Certifiée Coach par HEC Executive Education en 2005, formée à l’approche systémique et à l’Élément Humain (c), j’accompagne mes clients depuis 15 ans en coaching individuel ou d’équipes. Mes domaines de compétences sont : en individuel la construction de son Leadership Authentique ; en équipes, l’élaboration de modes de collaboration efficaces et sur-mesure ; en individuel et en ateliers les transitions de carrière. Diplômée de Paris I Panthéon Sorbonne en 3ème cycle « Monnaie Finance Banque », mon expérience de 12 années dans une grande banque française en crise, de la salle des marchés, à la direction du service de presse, m’a appris la nécessité de l’efficacité relationnelle et la puissance de l’intelligence collective pour assurer la pérénnité et le développement d’une entreprise.En faisant le choix du métier de Coach, j’ai souhaité mettre au service des hommes et des équipes que j’accompagne l’expérience que j’ai acquise dans la traversée d’événements marquants (risque de faillite, incendie du siège, restructurations, cessions de filiales, privatisation puis fusion).  Ce qui m’anime : transformer la difficulté en opportunité Ma devise : La seule façon d’accomplir est d’être
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Les membres Lily : Farida, jongleuse de vies

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Farida, jongleuse de vies

Farida est une femme comme les autres : elle travaille et élève ses enfants en même temps. Sauf qu’elle s’est fixée une règle : l’équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie privée. Elle nous explique comment. 

Qui êtes-vous et que faites-vous dans la vie ?

Je m’appelle Farida, j’ai 41 ans, je suis mariée depuis 13 ans, j’ai deux filles de 9 et 6 ans. J’habite et je travaille à Paris, en tant que Responsable des Ressources Humaines. Avant d’avoir mes enfants, je n’avais quasiment pas de vie privée : je me consacrais entièrement à mon métier. J’ai ralenti mon rythme de travail à la naissance des filles, mais dès qu’elles ont été suffisamment grandes, j’ai repris les vieilles habitudes : les nounous s’occupaient de nos enfants lorsque mon mari et moi travaillions.
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Aujourd’hui, comment conciliez-vous votre vie privée et votre vie professionnelle ?

J’ai fini par me poser la question : ne suis-je pas en train de passer à côté de quelque chose dans ma vie de famille ? Je pensais évidemment à mes filles, mais aussi à mes parents qui vieillissent. C’est alors que j’ai demandé à pouvoir travailler 4 jours par semaine et avoir mon mercredi. Aujourd’hui, je travaille les lundis, mardis, jeudis et vendredis. Je dépose mes filles tous les jours à l’école pour 8h30 et je m’impose d’être chez moi le soir pour 19h30, afin de leur donner à manger, les aider dans leur devoir, et de manière générale passer du temps avec elles. Je ne ramène jamais de travail à la maison. Professionnellement, je m’organise avec mon assistante afin qu’elle prenne le relais ou assure une permanence en mon absence, et de mon côté, je peux toujours finir plus tard ou revenir travailler le samedi si la charge de travail est trop importante. En dehors de ma vie familiale et de ma vie professionnelle, je consacre du temps à une association que j’ai montée en France avec ma soeur, Family Espoir. J’en suis trésorière : je rassemble l’argent et les vêtements collectés pour des orphelins des milieux défavorisés.

Comment ce choix de vie est-il perçu par votre entourage professionnel ?

Il n’a pas été évident pour moi d’obtenir mon mercredi. Cette démarche a été difficile à accepter de la part de mes supérieurs, ce qui était probablement dû à la crainte que je ne puisse pas assumer l’ensemble de mes responsabilités. Il semble que cette crainte soit souvent liée à l’idée que la vie privée empiète sur la vie professionnelle. C’est la raison pour laquelle je parle peu de mon engagement associatif sur mon lieu de travail. J’aurais trop peur d’être considérée comme délaissant mon travail, ce qui est faux par ailleurs ! Je trouve dommage qu’en France, on déconsidère les engagements extra-professionnels des salariés. Ces diverses expériences sont pourtant formatrices et enrichissantes ! Cette vision générale du monde du travail, il nous appartient à tous de la faire changer ; pour ma part, je suis aujourd’hui fière et heureuse de mener une vie équilibrée entre mon temps de travail et le reste. Cela me permet d’être en accord avec moi-même, mes choix et mes envies.
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Les experts Lily : Emmanuelle Piquet, psychopraticienne

Les experts Lily

Emmanuelle Piquet, psychopraticienne

portrait Emmanuelle Piquet Emmanuelle PIQUET, née à Lyon en 1969, est une psychopraticienne, formatrice et auteure, dont le travail et les ouvrages font référence dans le monde de la thérapie brève systémique et stratégique selon le modèle de Palo Alto. Emmanuelle a publié une dizaine d’ouvrages, et donne une chronique chaque trimestre au magazine Le Cercle Psy. Elle consulte, forme, donne des conférences et anime l’équipe réunie autour d’elle.

Quel est votre parcours professionnel ?

Après un bac littéraire, j’ai intégré une École Supérieure de Commerce. À la suite de mes études supérieures, j’ai travaillé pour de grands groupes en tant que responsable RH. Cette longue expérience m’a donné une très bonne connaissance des problématiques en entreprises. Après 15 ans de carrière, je me suis finalement formée à la thérapie brève systémique en Belgique, à l’IGB, puis j’ai ouvert mon cabinet dans la région lyonnaise, à la fin des années 2000. Dès le début de mon exercice, j’ai que, parmi les enfants et les jeunes, nombreux sont ceux qui vont mal parce que ça ne se passe pas bien dans la cour de l’école. De ce constat est née la volonté de mettre au service des élèves harcelés le modèle de Palo Alto. J’ai modélisé une manière de répliquer aux attaques des harceleurs : ce sont les débuts de « Chagrin Scolaire ». J’étais alors entourée de 3 thérapeutes. Aujourd’hui, ce sont au total, ce sont plus de 20 thérapeutes en France, auxquels s’ajoutent les équipes alliées de Belgique et de Suisse, qui travaillent de concert autour des consultations, des formations, de la recherche épistémologique. L’équipe au grand complet compte 25 personnes.
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180° – Chagrin Scolaire, c’est quoi ?

J’ai fondé les centres « A 180 degrés », dont les thérapeutes généralistes accueillent adultes, couples ou enfants pour toutes problématiques noués autour de relations douloureuses avec les autres ou avec soi-même (souffrances au travail, dans le couple ou le cercle familial, émotions débordantes ou symptômes submergeants, phobies, etc. ne sont que des exemples).  Les thérapeutes qui exercent dans ces centres, strictement formés à la thérapie brève systémique et stratégique selon le modèle de Palo Alto, sont en outre spécialisés dans l’apaisement des souffrances scolaire : pour ce versant, la partie « Chagrin scolaire » des centres accueille les enfants, leurs parents ou les enseignants qui veulent que s’opère un changement durable. Avec eux et pour eux, sont forgés des outils concrets, opérationnels et sur-mesure afin que les apprentissages ou les relations, entre pairs ou entre professeurs et élèves, ne soient plus un problème.
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Les membres Lily : Benoît, des Yeux plus grands que le Monde

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Benoît, des Yeux plus grands que le Monde

portrait Benoît Depuis tout jeune, le voyage a marqué en lui des traces indélébiles. Des souvenirs riches et joyeux, de magnifiques rencontres, des expériences superbes, le rêve d’un tour du monde venait souvent le réveiller.  Ce rêve est devenu réalité ! Ce voyage tant imaginé, il l’a finalement vécu, en partant seul. Il le retrace sur son site desyeuxplusgrandsquelemonde.com

Pourquoi un voyage autour du monde ?

Mes envies de voyages remontent à très loin. Mon grand-père maternel était marin et voyageait aux 4 coins du monde. A l’âge de la retraite, ma grand-mère s’est mise à voyager et chaque année, elle découvrait 2 à 3 pays jusqu’à ce que le physique ne suive plus (plus de 60 pays en 20 ans).  Quand elle revenait, c’était toujours une fête ! J’allais la voir et outre un porte-clé qu’elle me ramenait toujours, nous passions des heures à échanger sur son voyage et à visionner les films de son groupe de voyageurs du 3ème âge .  Mes parents passaient leur vie à travailler mais dès qu’ils ont pu, ils sont partis. Sans expérience d’ailleurs, ils partaient la fleur au fusil, seul un billet d’avion en poche, sac à dos et ils se laissaient guider par leurs envies. Quelques pays d’Europe, le Togo et puis un an en Guyane française, je ne suis jamais parti avec eux mais suivais leurs périples avec beaucoup d’envie.  En fait je peux dire que ma famille a été une vraie source d’inspiration pour tous les voyages que j’ai fait, y compris mon tour du monde.

Êtiez-vous un voyageur aguerri avant de vous lancer dans ce projet ?

Oui. Toute ma jeunesse, je peux dire que je n’ai jamais cessé de voyager.  Tout d’abord, j’ai beaucoup voyagé en France. Dans mon enfance, j’ai fait énormément de camps de vacances qui m’ont donné la chance de visiter de nombreuses régions de notre beau pays.  Dès l’âge de 11 ans, l’Angleterre, 13 ans l’Espagne en voyages scolaires et c’est surtout à partir de mes études secondaires que j’ai commencé l’aventure. L’Angleterre de nouveau pour y vivre quelques mois cette fois-ci, les Pays-Bas pour une expérience ERASMUS, encore l’Angleterre pour une poursuite d’études… J’en ai profité pour visiter l’Europe.  Et puis le travail me mènera aussi sur le chemin du voyage : 2 expatriations en Angleterre et au Maroc me feront vivre des expériences intenses et tellement riches !  Tout cela a fait germer une graine qui a grandi pour devenir un objectif dans ma vie : « je ferai le tour du monde » !

Qu’est-ce que vous retenez de votre tour du monde ?

J’avais soif de nature, soif de rencontres, soif de découvertes : le voyage est pour moi une des réponses à ma soif de vivre.  Au fond, je crois aussi que « faire un tour du monde », pouvoir tracer une ligne qui fait le tour de la planète est totalement grisant !  Faire un tour du monde en solo avec un sac à dos comme seul compagnon était pour moi un challenge et un moyen de me retrouver face à moi-même. Avec le recul, je prends conscience que cette expérience incroyable fut un vrai moyen d’enclencher des réflexions personnelles dont les réponses apportent beaucoup à mon quotidien aujourd’hui.  Avant de partir pour ce voyage, ma vie a été majoritairement tournée vers le professionnel et j’avais l’impression d’avoir perdu le sens des choses, le moteur qui apporte joie et confiance. Ce voyage m’a « libéré ».  Je l’ai fait ce rêve dont beaucoup de voyageurs fantasment et il reste comme une empreinte de bonheur et de confiance en moi et en l’autre !
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Les membres Lily : Laure, en quête de solidarité à l’étranger

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Laure, en quête d’engagement et d’exploration

Laure est partie en Afrique pendant 2 ans pour faire un Volontariat de Solidarité International. Une expérience qui l’a profondément bouleversée et dont elle nous partage ses souvenirs. 

Un volontariat de solidarité internationale, c’est quoi?

En France, on distingue le bénévolat, du volontariat. Alors que le bénévole offre son temps et ne reçoit aucune contrepartie, le volontaire lui est indemnisé pour  sa contribution. Dans les deux cas, il s’agit d’une démarche personnelle, d’un engagement pour une cause qui nous tient à cœur, que l’on a envie de défendre ou à laquelle on veut contribuer.  C’est une participation à la mise en oeuvre d’un projet porté par une association – ou une institution – dont les objectifs sont non lucratifs. Cela peut être un projet de développement, à visées culturelles, sociales, médicales, environnementales, économiques et solidaires… ou une réponse d’urgence dans une situation de crise humanitaire.  L’indemnisation permet le plus souvent de vivre confortablement le temps de son engagement, mais difficilement d’épargner, par exemple. La particularité du VSI c’est qu’il s’effectue à l’étranger, dans une association locale qui met en place des projets à plus ou moins grande échelle dans le pays d’accueil, ou dans une structure étrangère qui oeuvre dans le cadre de la coopération internationale. La France est un pays qui a beaucoup développé et encadré ces formes d’engagement, ce qui n’est pas le cas partout.  En résumé faire un VSI c’est apporter dans une démarche personnelle ,ses compétences professionnelles à un projet de développement ou humanitaire qui bénéficiera à d’autres, à l’international, et le plus souvent, en apprendre tout autant sur les dimensions personnelles, culturelles d’autant plus fortes que le contexte est étranger.

Quand et combien de temps êtes-vous partie en VSI ?

Aujourd’hui j’ai 32 ans. Je suis partie à 26 ans et revenue à 28. J’ai l’impression que c’était hier…et en même temps que c’était une autre vie tellement cela me parait loin et surtout décalé par rapport à mon quotidien en France. Ce séjour m’a transformé: j’y ai vécu de nombreuses expériences qui m’ont fait murir. Chaque jour, chaque minute, étant une découverte, ces deux années m’ont paru bien plus longues car elles étaient très enrichissantes: c’est comme si le temps s’étirait.  Ce qui n’empêche pas paradoxalement que celui-ci passe très vite sur place ! portrait Laure

C’était où et dans quel contexte ?

Je suis partie pendant 2 ans à Yaoundé, la capitale administrative du Cameroun. Je ne connaissais même pas l’emplacement de ce pays surnommé « l’Afrique en miniature » (car on y retrouve beaucoup de climats différents). J’avais même oublié que le Cameroun avait été une colonie française, jusqu’à récemment : 1960. Et cela a toute son importance. Les camerounais parlent tous très bien français, et ils connaissent souvent parfaitement l’actualité française: le nom des ministres, les mouvements sociaux etc. J’ai atterri là-bas, je ne connaissais rien de leur histoire, pourtant en partie commune avec la nôtre. J’étais chargée de communication et de recherche de financements dans l’antenne nationale de France Volontaires : appelé Espace Volontariats (EV). C’est une association française historique importante – par sa taille et son influence diplomatique. Anciennement « volontaires du progrès », elle a été créé au moment des  décolonisations (en 1963), pour permettre l’envoi et la présence de volontaires dans les anciennes colonies. Aujourd’hui il existe une cinquantaine d’EV dans le monde. J’ai pris l’avion de Paris seule, mais j’ai été accueillie et encadrée à mon arrivée à Yaoundé. Les volontariats sont organisés : le logement est prévu, la mission définie, la structure d’accueil préparée …Enfin normalement ! on ne débarque pas seul au milieu de nulle part en tous cas. Et puis c’est une grande source de rencontres : les collègues de travail dans un premier temps, et rapidement les amis que l’on se fait, expatriés comme locaux.

Vous nous racontez votre expérience sur place ?

Ma mission s’est structurée autour de plusieurs grands axes d’activités :
  • animation de l’espace volontariats : je faisais le lien entre France Volontaire et les volontaires présents au Cameroun et entre les volontaires eux-mêmes . En proposant des activités aux volontaires : journée annuelle des volontaires (sortie culturelle, initiation aux premiers secours, réflexion psychologique sur l’expérience vécue…), newsletter mensuelle (avec  entre autres un zoom sur les activités d’un volontaire), cinéma (en fait ça n’a jamais marché –‘ : j’ai proposé des séances mais les volontaires n’étaient jamais disponibles… !)
  • Renseignements sur le volontariat : auprès des structures potentielles d’accueil, envers des candidats (souvent des locaux intéressés), mais aussi pour les volontaires en place qui avaient besoin d’une information, d’une aide, d’une mise en contact…
  • Promotion du volontariat : nous avons organisé des évènements à destination du grand public comme des autorités publiques ou des institutions de coopération internationale :
    • un reportage photo sur les femmes engagées, en partenariat avec le PNUD et d’autres organismes de volontariat : KOICA (Corée), JICA (Japon), CUSO(Canada) : c’était une première de rassembler autant d’acteurs ! L’expo est devenue mobile et a été exposé dans 4 villes différentes dont Douala la capitale économique,
    • la Journée Internationale des Volontaires : là aussi nous avons rassemblé les différentes acteurs du volontariat  international mais aussi des associations locales qui font appel au bénévolat. Plusieurs centaines de personnes se sont réunies pour une grande marche dans les rues de Yaoundé : dans un pays qui connaît peu le droit aux manifestations, c’était un moment fort !!
    • Salon international du volontariat, en partenariat avec le Ministère de la Jeunesse : plusieurs milliers de visiteurs répartis sur 3 jours au cours desquels le volontariat et l’engagement ont été abordés par le prisme d’une composante du développement durable : environnement, social et économique. Conférences, ateliers, stands d’associations…En amont, plusieurs associations avaient pu suivre une formation au montage de projet sur 3 jours, et nous avons restitué le résultat au cours de ce salon. Plusieurs personnalités se sont déplacées. Ce fut une énorme organisation, épuisante, mais le résultat était à la hauteur de nos efforts et le travail d’équipe nous a beaucoup rapprochés au sein de l’EV.
  • Mise en réseau d’acteurs : j’ai participé au lancement du Réseau des Acteurs du Volontariat et de Solidarité Internationale : uniquement composé d’associations locales, qui souhaitent promouvoir et diffuser l’esprit d’engagement auprès des camerounais.
Toutes ces missions ont été ultra enrichissantes !! J’ai pu concevoir et mener des projets de grandes ampleurs, avec des budgets conséquents, des partenaires stratégiques influents (l’AFD et le PNUD, le Ministère de la Jeunesse..), avec beaucoup d’autonomie. Ce sont des missions qu’il aurait été très difficile de trouver en France pour une débutante. J’ai énormément appris sur le plan professionnel. En plus de tous les aléas des projets qui ne se déroulent jamais comme prévu,  l’adaptation aux mœurs, et au temps du pays a aussi été un défi…parfois je me sentais démunie et ne savais plus comment m’y prendre. Mes collègues ont été très présents, ils m’ont toujours accompagnée, pour m’aider à comprendre, prendre des décisions, me positionner et surtout, surtout : lâcher-prise et prendre du recul. À une personne qui traverse une situation inconfortable, les Camerounais répondent « assia » littéralement « patience » : « ça va aller, avec le temps, tout passe »… elle est la mère de toutes les vertus, et jamais la vie ne me l’a autant rappelé que là-bas. Aussi, j’ai été un peu frustrée par moment de travailler dans un contexte quelque part assez occidentalisé, moi qui rêvait d’une immersion dans un village en brousse ! Mais mes collègues de travail comme les partenaires ont été mon immersion. Et puis, je vivais sur place !

Que retiens-tu de ton VSI ?

Je pense avoir énormément grandi. Au sens où je relativise beaucoup plus. J’ai vécu une autre réalité, celle que vivent pourtant mes frères humains sur la même planète Terre, mais qui n’a rien à voir avec celle que je connais depuis mon premier souffle. Comment remettre en question ce que nous prenons pour acquis tant que rien ne vient bousculer nos repères ? Là-bas j’ai perdu mes repères, avant d’apprendre à en reconstruire de nouveau, peut-être plus humbles, moins immuables, plus relatifs. Quelque part c’est moi aussi que j’ai un peu déconstruit, avant de me remodeler sur une base plus « brute ». Et en même temps, je me suis retrouvée à l’autre bout de la planète à vivre,  échanger, rire, pleurer, sur des questions, des problématiques, des joies et des peines finalement communes à tous les êtres humains. Cela relève d’un sentiment de fraternité : j’appartiens à une grande famille : celle des terriens ! J’ai ressentie une plus grande acceptation de l’autre en général dans la société, et moins de peur de l’étranger  (au sens de celui qu’on ne connaît pas): les camerounais discutent énormément, échangent, partout, dans la rue, dans le bus, dans la file d’attente, au marché….Même si bien sur j’ai vécu de la discrimination et quelques rares fois du racisme, jamais je ne me suis sentie rejetée malgré ma couleur de peau et ma nationalité, pourtant peu anodine…. Il y a deux leçons que je retiens : prendre ce que la vie te propose de prendre, et qui ne tente rien… n’a rien. Ah et puis une troisième, la plus importante de toutes : patience.

Quelles sont les conditions et formalités à accomplir pour faire un VSI ? Est-ce compliqué à obtenir ?

Aujourd’hui, les missions sont devenues assez spécialisées : il y a une certaine exigence dans les profils recherchés. La coopération internationale est un domaine d’activité en soi, il existe des formations spécialisées dans ce sens. Toutefois, le volontariat reste une véritable porte d’entrée pour ceux qui justement n’ont pas ce parcours (comme moi par exemple).  Il arrive que les missions ne soient pas si spécialisées, ou que l’organisme n’ait pas d’exigence d’expériences…il faut tenter sa chance !  Il n’y a pas de limite d’âge (à l’inverse du service civique), mais une restriction au niveau de la durée :  maximum 6 ans en tout de VSI. Les indemnisations sont très variables et parfois se négocient… En fonction de l’organisme d’envoi, les missions ont des portées, des durées, des destinations différentes… On peut aussi choisir de partir en couple ou en famille. France Volontaire est une plateforme qui rassemble toutes les offres des différents organismes d’envoi : le site internet est pratique, un bon « guichet » d’entrée dans le domaine.

Comment s’est passé ton retour en France ?

L’atterrissage au sens figuré a été long…et peu agréable. Après les premières réjouissances de retrouver famille, amis, nourriture, repères (paysages pour moi notamment !), une grande solitude m’entourée. J’étais en décalage, j’avais de nouveau perdu mes repères : français cette fois. Les références à l’actualité, les manières de parler, de se comporter, les sujets de conversation…En plus  il est assez difficile de raconter, transmettre tout ce qui a été vécu, a des personnes qui ne connaissent ni le pays, ni les autres personnes à qui ont fait référence, ni les lieux, ni le contexte…C’est deux ans de vie qui en quelques heures disparaissent. C’est assez violent. En tous cas pour moi ça l’a été, et je ne sais pas comment on peut s’y préparer… France Volontaires l’aborde bien dans son stage de préparation au départ (5 jours où tous les volontaires au départ de différentes destinations/missions/durées sont réunis) mais c’est assez personnel et « instantané ». Certains trouvent du travail avant même d’avoir quitté le pays d’engagement. Moi j’ai vécu ma mission sans vraiment de projection de l’après jusqu’au bout : j’ai même fait mes bagages quelques heures avant le vol ! il y avait une touche de déni je pense car même si j’étais contente de rentrer (je me sentais fatiguée) , cela me faisait particulièrement peur de recommencer à zéro quelque part (logement, travail…) Une opportunité m’a rapidement décidé à repartir  en voyage, pour une transition (sac à dos cette fois) plus en douceur. Et c’était très bien comme ça ! J’ai retrouvé du travail quelques semaines plus tard après mon retour (plus définitif cette fois) en France, sûrement un peu plus prête cette fois. Aujourd’hui je n’ai pas envie de repartir, car très envie de construire : ce qui demande du temps sans bouger ! Mais je sais qu’un jour, je voyagerai de nouveau, pour déconstruire puis reconstruire mes acquis…avec ma famille peut être ? Et autant que possible dans le monde qui nous attend demain. J’aurais un bon conseil tout de même : c’est de faire ses au revoir et ses courses souvenirs longtemps à l’avance ! 😉
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Les modèles Lily : Aurélie Jean défie le milieu genré de la tech

Les modèles Lily

Aurélie Jean défie le milieu genré de la tech

portrait Aurélie Jean

*Crédit photo : Géraldine Aresteanu

Dans le monde traditionnellement masculin des sciences et de l’entrepreneuriat, Aurélie Jean fait figure de modèle pour la gente féminine. Multi-diplômée, docteur en sciences et entrepreneur, elle a fait ses armes aux États-Unis avant de avant de vivre à présent entre les États-Unis et la France. Voici son portrait.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?

Après un doctorat en sciences en France, je suis partie vivre et travailler aux USA pour conduire ma recherche en modélisation numérique appliquée à la médecine à l’université d’État de Pennsylvanie puis au MIT. J’ai travaillé pendant 7 ans sur le coeur (infarctus) et 5 ans sur le cerveau (traumatisme crânien). Je suis ensuite partie travailler 2 ans dans le domaine économique et financier à Bloomberg, toujours en modélisation numérique. En 2016 (sur les conseils d’un de mes mentors au MIT), avec l’accord de Bloomberg, je créé mon entreprise In Silico Veritas.

Que faites vous aujourd’hui?

Aujourd’hui je travaille avec l’agence Altermind où on développe entre autres des algorithmes sur mesure et des stratégies algorithmiques qui valorisent l’humain et ses compétences distinctes de la machine. Je suis également senior advisor au BCG, collaborateur extérieur de la direction du numérique du ministère de l’Éducation Nationale, et mentor invité du Frontier Department Lab de la NASA. Je partage mon temps entre le conseil, la recherche, l’enseignement à l’université et mes contributions éditoriales dans le magazine Le Point et pour Elle International.

Qu’est-ce qui explique selon vous que peu de femmes soient présentes dans les métiers liés aux nouvelles technologies ?

L’histoire tout d’abord. Depuis peu de temps, les femmes font en masse des études supérieures, et elles se portent souvent vers des formations littéraires ou commerciales. Cela étant dit les choses changent, les préjugés tombent et les portes s’ouvrent. Mais cela pourrait aller plus vite. Cela passe par l’école, la maison ou par l’entreprise et la société. De nombreuses organisations travaillent dans ce sens comme les Digital Ladies par exemple!

Et vous-même, comment avez-vous vécu cette minorité dans votre évolution académique et professionnelle ?

Je me suis sentie parfois seule. J’ai eu quelques remarques désobligeantes que j’ai vite recadrées, parfois avec humour pour détendre l’atmosphère surtout quand c’était bien plus une maladresse qu’intentionnel. Cela étant dit j’ai eu beaucoup de chance, j’ai été soutenue par de nombreux hommes dans ma carrière. Je pense à l’organisation Tech Rocks qui soutient les leaders techniques français et soutient activement les femmes dans ce milieu ! Je me suis également toujours plus sentie à l’aise aux US qu’en France, car le pays de l’oncle Sam ne rigole avec ce genre de sujet ! Il y a depuis longtemps aux US des politiques engagées et pro-actives pour attirer, retenir et soutenir les femmes dans les sciences et les technologies. On avance aussi en France, il est temps d’accélérer à présent!

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Les modèles Lily : Delphine Remy-Boutang la femme digitale

Les modèles Lily

Delphine Rémy-Boutang, la femme digitale

portrait Rémy Boutang

Delphine Remy-Boutang  est CEO de the Bureau, cabinet de conseil en stratégie digitale et de la Journée de la Femme Digitale, le rendez-vous annuel de l’innovation au féminin. 

Elle est également Présidente du Global Entrepreneurship Network France, chapitre national du GEN qui est une initiative internationale regroupant plus de 170 pays, lancée en 2008 par la fondation Kauffman, pour construire un écosystème mondial d’entrepreneurs. 

Quel est votre parcours professionnel ?

Je débute ma carrière chez EURO RSCG Paris, puis en 1997, je quitte Paris pour m’installer à Londres. Après avoir été Directrice Marketing chez IBM puis Directrice de la Communication de la zone EMEA, je deviens Directrice Social Media Worldwide du groupe. J’ai coordonné et réussi la transition d’IBM vers l’adoption des médias sociaux au sein du marketing mix. Toujours à Londres, je fonde the Bureau en 2012 avant d’ouvrir en mars 2013 un autre bureau à Paris pour y développer les activités de mon agence de communication digitale.C’est en parallèle que je co-fonde la Journée de la Femme Digitale, l’événement dédié à l’entrepreneuriat et l’intrapreneuriat au féminin, qui se déroule tous les ans en Europe et en Afrique. 
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Pourquoi avoir créé une journée de la femme digitale ?

Je me rends vite compte que lors de conférences autour du thème du numérique, je suis souvent la seule femme à intervenir. Cette sous-représentation était insupportable ! La mission principale de la JFD est de donner envie aux femmes, d’oser, d’innover, d’entreprendre (ou intraprendre) grâce au digital, aux nouvelles technologies et de créer un monde plus juste et plus créatif.  Aujourd’hui la JFD est plus qu’un événement. Nous avons lancé en 2016 un club acteur de la promotion de l’innovation au féminin : le JFD Club, marrainé par Delphine Ernotte, PDG de France Télévisions, est un réseau de plus de 400 femmes digitales à forte capacité d’influence. L’objectif du club est de favoriser l’influence des femmes au sein des organisations, créer des rencontres entre grands groupes et start-up pour booster l’innovation, découvrir le potentiel économique et social du numérique. Il fonctionne toute l’année avec l’organisation de visites privées, événements exclusifs, avant-premières culturelles, etc. Des personnalités renommées du digital sont invitées à chaque événement pour networker, échanger, mais surtout pour partager des expériences et créer un lien fort.En plus du JFD Club Paris, nous sommes également présents au Gabon avec la récente ouverture du JFD Club Libreville. En 2018, nous avons créé la Fondation Margaret, qui a pour ambition de soutenir et de redonner la place aux femmes dans le numérique. Nous menons des projets concrets avec persévérance et détermination pour changer les mentalités et les comportements, à travers la mise à disposition de bourses pour les jeunes  filles qui souhaitent poursuivre des études menant à des carrières dans le secteur de l’innovation, ou encore avec des opérations de sensibilisation dans les lycées en collaboration avec 100 000 Entrepreneurs, pour donner l’envie aux jeunes femmes de se tourner vers l’entrepreneuriat. Rendant hommage à Margaret Hamilton, la fondation est la continuité du prix les Margaret qui récompense chaque année des femmes digitales entrepreneurs et intrapreneurs, d’Europe et d’Afrique qui changent le monde grâce au digital  Plus récemment, nous fédérerons aussi pouvoirs publics et grands groupes autour de notre JFD Manifeste pour un monde digitale inclusif, qui est la suite logique de notre mouvement les Chemises Blanches lancé en 2017, aujourd’hui symbole de l’entrepreneuriat féminin en France.Une quinzaine de grands groupes ont signé notre JFD Manifeste, décidés à aller avec la JFD au-delà de la prise de conscience pour passer à l’action en prenant des engagements concrets en faveur de la mixité et de la parité dans le digital. Si leurs objectifs donnés en avril 2019, sous le regard du Premier ministre, Édouard Philippe et par voie de presse (Magazine Challenges), sont atteints, ces groupes se verront “Certifié JFD”. Le comité des sages du JFD Manifeste se réunira le 4 mars à Bercy pour évaluer les engagements pris et remettra les certifications à la 8ème édition Europe de La JFD, le 21 avril 2020 à la Maison de la Radio (Paris).  

Pensez-vous qu’il est plus difficile pour une femme que pour un homme de concilier vie privée / vie personnelle ?

Aujourd’hui, cela est moins vrai, heureusement. Cependant, nous devons rester vigilants, car nous ne pouvons pas écrire le futur avec les modèles du passé. Souvent en entreprise, les femmes s’adaptent ou renoncent, il faut créer une troisième option. L’entreprise de demain est porteuse de nouvelles valeurs : la transmission, la collaboration, l’agilité, la transparence, l’ubiquité, le partage. Ces valeurs du digital, féministes par essence, accélèrent la mixité et permettent d’équilibrer vie privée et vie professionnelle.

Et vous-même, comment conciliez-vous les deux ?

Je prête une attention particulière à garder un mode de vie sain à travers la marche, la méditation et surtout beaucoup de Yoga. Le yoga c’est prendre soin de soi et donc des autres. En plus de m’accorder du temps à moi-même, je l’optimise en me servant de la force du networking et des réseaux sociaux. Ce mode de vie je veux aussi le partager avec les femmes du JFD Club, puisque nous lancerons prochainement notre nouveau concept : « Yoga & Champagne » avec  « Oly Be », le plus grand studio de yoga en France.