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Les modèles Lily : Aurélie Jean défie le milieu genré de la tech

Les modèles Lily

Aurélie Jean défie le milieu genré de la tech

portrait Aurélie Jean

*Crédit photo : Géraldine Aresteanu

Dans le monde traditionnellement masculin des sciences et de l’entrepreneuriat, Aurélie Jean fait figure de modèle pour la gente féminine. Multi-diplômée, docteur en sciences et entrepreneur, elle a fait ses armes aux États-Unis avant de avant de vivre à présent entre les États-Unis et la France. Voici son portrait.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?

Après un doctorat en sciences en France, je suis partie vivre et travailler aux USA pour conduire ma recherche en modélisation numérique appliquée à la médecine à l’université d’État de Pennsylvanie puis au MIT. J’ai travaillé pendant 7 ans sur le coeur (infarctus) et 5 ans sur le cerveau (traumatisme crânien). Je suis ensuite partie travailler 2 ans dans le domaine économique et financier à Bloomberg, toujours en modélisation numérique. En 2016 (sur les conseils d’un de mes mentors au MIT), avec l’accord de Bloomberg, je créé mon entreprise In Silico Veritas.

Que faites vous aujourd’hui?

Aujourd’hui je travaille avec l’agence Altermind où on développe entre autres des algorithmes sur mesure et des stratégies algorithmiques qui valorisent l’humain et ses compétences distinctes de la machine. Je suis également senior advisor au BCG, collaborateur extérieur de la direction du numérique du ministère de l’Éducation Nationale, et mentor invité du Frontier Department Lab de la NASA. Je partage mon temps entre le conseil, la recherche, l’enseignement à l’université et mes contributions éditoriales dans le magazine Le Point et pour Elle International.

Qu’est-ce qui explique selon vous que peu de femmes soient présentes dans les métiers liés aux nouvelles technologies ?

L’histoire tout d’abord. Depuis peu de temps, les femmes font en masse des études supérieures, et elles se portent souvent vers des formations littéraires ou commerciales. Cela étant dit les choses changent, les préjugés tombent et les portes s’ouvrent. Mais cela pourrait aller plus vite. Cela passe par l’école, la maison ou par l’entreprise et la société. De nombreuses organisations travaillent dans ce sens comme les Digital Ladies par exemple!

Et vous-même, comment avez-vous vécu cette minorité dans votre évolution académique et professionnelle ?

Je me suis sentie parfois seule. J’ai eu quelques remarques désobligeantes que j’ai vite recadrées, parfois avec humour pour détendre l’atmosphère surtout quand c’était bien plus une maladresse qu’intentionnel. Cela étant dit j’ai eu beaucoup de chance, j’ai été soutenue par de nombreux hommes dans ma carrière. Je pense à l’organisation Tech Rocks qui soutient les leaders techniques français et soutient activement les femmes dans ce milieu ! Je me suis également toujours plus sentie à l’aise aux US qu’en France, car le pays de l’oncle Sam ne rigole avec ce genre de sujet ! Il y a depuis longtemps aux US des politiques engagées et pro-actives pour attirer, retenir et soutenir les femmes dans les sciences et les technologies. On avance aussi en France, il est temps d’accélérer à présent!

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Les modèles Lily : Delphine Remy-Boutang la femme digitale

Les modèles Lily

Delphine Rémy-Boutang, la femme digitale

portrait Rémy Boutang

Delphine Remy-Boutang  est CEO de the Bureau, cabinet de conseil en stratégie digitale et de la Journée de la Femme Digitale, le rendez-vous annuel de l’innovation au féminin. 

Elle est également Présidente du Global Entrepreneurship Network France, chapitre national du GEN qui est une initiative internationale regroupant plus de 170 pays, lancée en 2008 par la fondation Kauffman, pour construire un écosystème mondial d’entrepreneurs. 

Quel est votre parcours professionnel ?

Je débute ma carrière chez EURO RSCG Paris, puis en 1997, je quitte Paris pour m’installer à Londres. Après avoir été Directrice Marketing chez IBM puis Directrice de la Communication de la zone EMEA, je deviens Directrice Social Media Worldwide du groupe. J’ai coordonné et réussi la transition d’IBM vers l’adoption des médias sociaux au sein du marketing mix. Toujours à Londres, je fonde the Bureau en 2012 avant d’ouvrir en mars 2013 un autre bureau à Paris pour y développer les activités de mon agence de communication digitale.C’est en parallèle que je co-fonde la Journée de la Femme Digitale, l’événement dédié à l’entrepreneuriat et l’intrapreneuriat au féminin, qui se déroule tous les ans en Europe et en Afrique. 
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Pourquoi avoir créé une journée de la femme digitale ?

Je me rends vite compte que lors de conférences autour du thème du numérique, je suis souvent la seule femme à intervenir. Cette sous-représentation était insupportable ! La mission principale de la JFD est de donner envie aux femmes, d’oser, d’innover, d’entreprendre (ou intraprendre) grâce au digital, aux nouvelles technologies et de créer un monde plus juste et plus créatif.  Aujourd’hui la JFD est plus qu’un événement. Nous avons lancé en 2016 un club acteur de la promotion de l’innovation au féminin : le JFD Club, marrainé par Delphine Ernotte, PDG de France Télévisions, est un réseau de plus de 400 femmes digitales à forte capacité d’influence. L’objectif du club est de favoriser l’influence des femmes au sein des organisations, créer des rencontres entre grands groupes et start-up pour booster l’innovation, découvrir le potentiel économique et social du numérique. Il fonctionne toute l’année avec l’organisation de visites privées, événements exclusifs, avant-premières culturelles, etc. Des personnalités renommées du digital sont invitées à chaque événement pour networker, échanger, mais surtout pour partager des expériences et créer un lien fort.En plus du JFD Club Paris, nous sommes également présents au Gabon avec la récente ouverture du JFD Club Libreville. En 2018, nous avons créé la Fondation Margaret, qui a pour ambition de soutenir et de redonner la place aux femmes dans le numérique. Nous menons des projets concrets avec persévérance et détermination pour changer les mentalités et les comportements, à travers la mise à disposition de bourses pour les jeunes  filles qui souhaitent poursuivre des études menant à des carrières dans le secteur de l’innovation, ou encore avec des opérations de sensibilisation dans les lycées en collaboration avec 100 000 Entrepreneurs, pour donner l’envie aux jeunes femmes de se tourner vers l’entrepreneuriat. Rendant hommage à Margaret Hamilton, la fondation est la continuité du prix les Margaret qui récompense chaque année des femmes digitales entrepreneurs et intrapreneurs, d’Europe et d’Afrique qui changent le monde grâce au digital  Plus récemment, nous fédérerons aussi pouvoirs publics et grands groupes autour de notre JFD Manifeste pour un monde digitale inclusif, qui est la suite logique de notre mouvement les Chemises Blanches lancé en 2017, aujourd’hui symbole de l’entrepreneuriat féminin en France.Une quinzaine de grands groupes ont signé notre JFD Manifeste, décidés à aller avec la JFD au-delà de la prise de conscience pour passer à l’action en prenant des engagements concrets en faveur de la mixité et de la parité dans le digital. Si leurs objectifs donnés en avril 2019, sous le regard du Premier ministre, Édouard Philippe et par voie de presse (Magazine Challenges), sont atteints, ces groupes se verront “Certifié JFD”. Le comité des sages du JFD Manifeste se réunira le 4 mars à Bercy pour évaluer les engagements pris et remettra les certifications à la 8ème édition Europe de La JFD, le 21 avril 2020 à la Maison de la Radio (Paris).  

Pensez-vous qu’il est plus difficile pour une femme que pour un homme de concilier vie privée / vie personnelle ?

Aujourd’hui, cela est moins vrai, heureusement. Cependant, nous devons rester vigilants, car nous ne pouvons pas écrire le futur avec les modèles du passé. Souvent en entreprise, les femmes s’adaptent ou renoncent, il faut créer une troisième option. L’entreprise de demain est porteuse de nouvelles valeurs : la transmission, la collaboration, l’agilité, la transparence, l’ubiquité, le partage. Ces valeurs du digital, féministes par essence, accélèrent la mixité et permettent d’équilibrer vie privée et vie professionnelle.

Et vous-même, comment conciliez-vous les deux ?

Je prête une attention particulière à garder un mode de vie sain à travers la marche, la méditation et surtout beaucoup de Yoga. Le yoga c’est prendre soin de soi et donc des autres. En plus de m’accorder du temps à moi-même, je l’optimise en me servant de la force du networking et des réseaux sociaux. Ce mode de vie je veux aussi le partager avec les femmes du JFD Club, puisque nous lancerons prochainement notre nouveau concept : « Yoga & Champagne » avec  « Oly Be », le plus grand studio de yoga en France.